On pense.
Ou plutôt — on croit penser.
Car nos pensées sont souvent dirigées par l’ego, pas par l’esprit.
On consomme des opinions.
On absorbe des récits.
On réagit. On partage. On oublie.
Et on recommence.
L’esprit est sollicité en permanence.
Mais est-il vraiment servi ? Ou simplement abusé ?
Il y a une immense différence entre un esprit qui incite et un esprit qu’on domestique en lui imposant sa propre pensée.
Entre une conscience qui inspire et une conscience qu’on oriente.
Entre exister — et suivre le flux.
Et pendant ce temps doucement, imperceptiblement, on s’habitue.
À ce qui choque.
À ce qui dérange.
À ce qui, il y a quelques années, nous aurait semblé inacceptable.
Ce n’est pas de la lâcheté.
C’est l’érosion.
Celle qui ne fait pas de bruit.
Celle qui transforme le tolérable en normal et le normal en consensus collectif.
Le réveil que beaucoup appellent de leurs vœux ne naîtra pas d’un discours.
Pas d’une élection.
Il naîtra, s’il naît, d’une décision individuelle.
Singulière. Silencieuse. Radicale.
Malraux l’avait pressenti :
« Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas. »
Pas religieux. Pas mystique.
Spirituel au sens premier.
Celui qui retrouve le souffle.
Celui qui reprend contact avec la force vitale qui l’anime.
Qui redevient l’auteur de ce qu’il traverse plutôt que le réceptacle de ce qui est démystifié à sa source.
Le changement radical n’est pas politique.
Il est intérieur.
« Ce à quoi nous consentons en silence aujourd’hui, c’est le monde que nous léguerons. »
Reprendre la responsabilité de ce qu’on vit, c’est refuser que l’esprit soit un territoire occupé par une norme exagérément imposée.
Et si servir l’esprit était le seul endroit d’où tout peut vraiment renaître ?
Renaître à la consistance.
Ce matin, comme chaque matin.
Téléphone. Notifications. Titres. Opinions.
Au menu du petit déjeuner.
On absorbe.
On réagit.
On partage.
On oublie.
Rien de grave, en apparence.
Sauf que c’est ainsi, jour après jour, que l’esprit perd le fil de lui-même.
Pas brutalement.
Pas consciemment.
Par habitude.
Et l’habitude, elle, ne fait jamais de bruit.
Elle transforme le tolérable en normal.
Et le normal en consensus collectif.
Jusqu’au jour où on ne sait plus très bien ce qu’on aurait refusé — avant.
Le réveil que beaucoup appellent de leurs vœux ne viendra pas d’un discours.
Pas d’une élection.
Il viendra — s’il vient — d’une décision individuelle.
Singulière. Silencieuse. Radicale.
Malraux l’avait pressenti :
« Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas. »
Pas religieux. Pas mystique.
Spirituel — au sens premier.
Retrouver le souffle.
Redevenir l’auteur de ce qu’on traverse.
Reprendre contact avec la force vitale qui nous anime.
Le changement radical n’est pas politique.
Il est intérieur.
« Ce à quoi nous consentons en silence aujourd’hui — c’est le monde que nous léguons. »
Reprendre la responsabilité de ce qu’on vit — c’est refuser que l’esprit soit un territoire occupé par une norme exagérément imposée.
Et si servir l’esprit au lieu de l’abuser était le seul endroit d’où tout peut vraiment renaître ?